Cruzito (Mr White ) – Le Prince de la Ville Partie I

 L77-625439

 » La prison c’est dur la sortie c’est sûr  » j’étais adepte de cet adage avant ma petite histoire mais les choses ont bien changé depuis.

Prenez vos aises , j’vous sers quelque chose ? non ? ok très bien alors asseyez-vous , je vais vous raconter . Mon nom de code dans cette histoire sera Cruzito.

#1 Le 20/12/2013 j’ai les mains faites pour l’or et elles sont dans la merde.

En fait elles sont dans l’huile de friture d’un Mcdonald™ de banlieue mais dans le fond… c’est pareil.

 » – Cruzito ! Mais à quoi tu penses ? On est débordés ! Envoie 2 Big Mac™ et un Mc Chicken™  »

Voilà mon putain de quotidien. J’avais dégotté ce job à la con suite à ma sortie d’taule pour arrondir mes fins d’mois… c’était temporaire.

C’est que l’état d’mes finances était alarmant et que ma boîte aux lettres vomissait des rappels d’impayés.

Mais j’allais m’refaire c’était sûr j’étais jeune et ambitieux… et bon d’accord… Parfois vicieux.

Quoiqu’il en soit ce jour là j’étais à cran et j’allais tout plaquer comme Kayna Samet.

J’en pouvais plus de servir au McDrive et de voir des mecs débarquer en Cayenne turbo intérieur crème tisse-mé alors que moi je continuais à regarder Turbo.

Il me manquait ce petit déclique pour me tirer , je parlais du Loup et j’attendais d’en voir la queue. Et quand je dis « queue  » , je ne vous parle même pas de celle qui se bousculait devant mon comptoir.  On aurait dit la CAF.

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Il faisait une chaleur du diable quand l’élément perturbateur s’est présenté de la sorte :

« – Bonjour… Alors euh je vais prendre euh… Hmhm … Vous m’conseillez quoi ?  »

Cet espèce de gros lard savait très bien qu’il allait engloutir un Mc Bacon™ et il m’demandait conseil comme s’il allait acheter un appart’ sur les Champs.

Alors oui , je l’avoue , ma réaction fut quelque peu disproportionnée :

« – Hein? que je vous conse… oui bien sûr… Bah j’imagine que t’es pas là pour un Happy Meal fils de pute  »

Mais quand il a répondu :

 » J’habite du 91 là et j’suis fière de consommer pour la 1ère fois un Burger King en France , j’vais prendre un menu whopper là pour commencer  »

J’ai pété les plombs comme Disiz , c’était trop j’ai enlevé mon tablier et je l’ai jeté au sol avec une hargne de fou  . J’ai sauté par dessus l’comptoir et j’ai écarté la foule en disant

 » – Aaaaa…tention laissez passer ! Mauvais garçon  »

Fallait que j’démissionne comme Richard Nixon , j’me dirigeais vers mon destin sans même me retourner. Le manager a crié :

« – CRUZITO ! Si tu franchis cette porte c’est pas la peine de rev…. OH L’ENCULÉ ! IL EST PARTI ! QUEL ENCULÉ !  »

En vain, les portes du Fast-Food se sont fermées derrière moi , j’ai zippé ma Redskins™ jusqu’au menton et j’ai avancé seul dans cette jungle urbaine.

#2 Donc voilà , j’avais pas d’femme, pas d’gosse et pas d’job

On m’demandait et je répondais

 » j’en ai plus rien a foutre alors suce mon zob ».

Il me restait un millier d’euros à tenir et j’ai tout misé sur un billet en aller simple pour les États-Unis d’Amerique.

On m’a toujours dit que la réussite était donnée à tout l’monde là-bas même un pour un ex-taulard comme moi. Après tout n’oublions pas que cette nation s’est bâtie sur l’un des plus gros génocides de l’histoire. Moi j’braquais des supérettes eux… Ils braquaient le monde.

J’avais un contact sur place qui pouvait peut-être m’aider et vue la situation je n’avais plus vraiment de carte à abattre.

Fallait que je recommence à zéro comme Niko Bellic ,que je puisse dire des conneries dugenre  » Started from the bottom… Now we’re here  » en m’essuyant les coins d’la bouche avec des $.

Mon départ était prévu le surlendemain , ça me laissait le temps de faire deux,trois mises au point. Une bagarre , un interdit bancaire et une garde à vue plus tard je me retrouvais dans l’avion en partance pour la Floride.

Je pense que les gens s’étaient passé le mot pour me chercher des noises ce jour là. J’étais plongé dans des classiques tels que  » Scarface Funk rare 17  » ou  » Piste rare scarface funk 12  » sur mon baladeur quand à 3 ou 4 reprises mon voisin de droite m’enleva les écouteurs des oreilles.

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C’était une plaie ce mec, le pire c’est que c’était pour me dire des conneries du genre :

 » j’ai toujours eu peur de l’avion  »

 » Tu veux un chewing-gum ? »

 » Tu aimes les boules ?… Tu aimes le billard ?  »

 » Tu vois là l’océan qu’on survole  bah c’est le Pacifique  »

Un moment j’me suis énervé j’lui ai rentré un coup d’coude puis j’ai serré sa gorge de toute mes forces j’avais grave la haine sur la vie d’oim j’voulais l’tuer.

Je l’ai relâché quand une hôtesse de l’air est venue nous séparer, elle m’a baragouiné :

 » In front of you, you will find a security leaflet containing emergency procedures and you are requested to read it carefully. The cabin crew is now doing the safety demonstration about the use of seat belts and oxygen masks and will show you the emergency issues of this aircraft.  »

Elle parlait sur le même ton que la voix d’Avast Antivirus™. J’voulais la boxer comme Joey Starr mais j’ai fait mine d’acquiescer son charabia puis j’ai répondu avec un accent dégueulasse

 » Of course… Not necessary… Yes I am  »

Elle a rétorqué

 » what ?! you don’t understand… right ?  »

J’ai repris avec mon dernier joker :

 »  Shine bright like a diamond… EA sport it’s in the game  »

elle a dit

« – Pff…  »

puis elle est partie cette pute.

J’ai remis mes écouteurs et j’ai fermé les yeux…  Quand je les ai rouverts c’était l’heure du repas. J’allais commander mon plateau quand.. :

« – Moi je te conseille le gratin dauph… Euh pardon.  »

La vie d’oim il avait pas compris cet empaffé.

J’avais les nerfs a vif comme De Niro et tellement qu’j’etais mécontent du service des fois j’me levais et j’mettais des chassés dans les sièges mais quand le commandant de bord m’a remis un parachute en m’disant :

« – T’as pris un billet low cost ouesh tu t’attendais à boire du champagne ? T’es pressé ? Bah vas y saute ! va rejoindre Oussama  »

Ben j’ai posé mon cul comme Rosa Parks .

En bref le voyage annonçait la couleur de mon séjour mais j’étais prêt. Je voulais le monde et ce qu’il y a dedans… Chico.

#3 23/12/2013 Je pose enfin le pied sur  » the Land of opportunity ».

Bon j’vous l’ai pas dit mais vous vous imaginez bien que si j’ai claqué mes dernières économies dans ce voyage c’est sûrement pas pour faire du tourisme.

Mon contact m’attendait a la sortie même de l’aéroport

 » Hòla ! amigo yé faillit t’attendre puto ! Ahaha dans mes bras enfoirré d’africano  »

Je vous explique un peu , Fernando Sucre était issu de la vague d’immigrés cubains qui vivent en Floride depuis la crise des Fusée de 1962. On s’était rencontrés 2 ans plus tôt dans une salle de boxe de la Havane dans le cadre d’un Gala  » Cuba vs France « .

À l’époque ma fougue sur le ring m’avait valu le surnom de  » el gaio negro « .

Enfin bon on avait gardé contact je savais que je m’en servirai un jour.

Fernando c’était une petite frappe ici mais il connaissait toutes les combines pour s’en sortir. Il vivait de business , d’escroquerie et autres petits larcins. Il connaissait ma situation et il comprenait que j’étais disposé à faire le sale boulot.

« – Yo comprendo amigo mais né t’en fais pas tu va dévénir le Prince de la Ville  »

On est monté dans sa caisse , une Stallion bien amochée , on s’est branché sur Fever 105 puis on a fait l’tour de la ville.

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« – Alors Fernando t’as réussi toi hein ? C’est cool de m’héberger j’ai hâte de voir ton palace enfoiré d’bandolero  »

Il m’a répondu nerveusement

« – Ahah ouais mon palace comme tu dis…  »

Puis il a monté l’volume sur  » And the Beat Goes on  » des Whispers en changeant de sujet

« – Ahhh ce son me donne la patate hermanoo !  »

Bref 30 minutes plus tard on était arrivés, le quartier semblait malfamé , les rues n’étaient même pas éclairées et je n’avais plus vu de personne blanche depuis au moins 5km.

J’ai dit

« – Merde on s’croirait a Clichy-Sous-Bois  »

Je plaisantais mais en vrai je commençais sérieusement a douter du confort de ma nouvelle vie. Fernando s’est garé en tamponnant une poubelle en métal puis on est monté dans une petite résidence insalubre.

C’était un vieux motel désaffecté , les escaliers étaient crades et toutes sortes d’objets susceptibles de porter le VIH jonchaient le sol.

Il m’a dit :

 » Ok cogno quand on s’parlait sur internet yé t’ai un peu menti , je ne suis pas le roi de la ville et ça c’est ma putain de casa mais c’est chez toi hermano !  »

J’ai juste répondu

« – fils…de… pute  »

Le pire c’est que ce n’était même pas ça le pire justement .

Arrivé sur le paillasson direct Fernando il a rentré des grands chassés dans la porte en criant « – Hòla puto abre la puerta !!  » Un type en slip rouge a ouvert la porte et une odeur d’Old El Paso™ s’est échappée ,

 » ENTREE FERNANDO  »

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Dedans c’était le souk , y’avait 2 pièces pour 4 personnes , ça puait l’fauve et des grands moustachus s’insultaient en espagnol en mangeant des cacahuètes grillées . Le frigo était vide et ma chambre se limitait à un matelas gonflable au coin de la pièce.

C’était devenu un cauchemar Fernando ce salopard il m’avait roulé comme une tortilla.

J’avais quitté ma cité pour ça ?!! Tout ce chemin pour vendre des churros sur une plage ? c’était ça mon putain d’destin ?

J’étais énervé de fou j’ai commencé à mettre des grandes patates dans l’mur comme 50cent dans le clip  » Still kill  » feat Akon.

Je suis parti aux WC me passer de l’eau fraîche sur le visage , en me redressant je suis tombé sur mon reflet. Et là d’un coup j’ai eu l’œil du tigre j’me suis fait la boule à Z comme Shane dans The Walking Dead et mes dernières bonnes intentions venaient de chuter en même temps que mes cheveux.

En revenant dans le living-room j’ai vu Fernando et les 2 autres cons ligotés sur l’canapé. 2 types les braquaient vigoureusement et un autre en costard s’adressait a Fernando de la sorte :

« – Hijo de puta ! Où est ta paire de couilles cogno ? J’ai besoin de l’un d’entre vous ! T’as plus besoin d’argent ? 1 million d’dollars ça te parle ? puto chivato  »

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J’ai flairé l’plan à plein nez je ne savais pas de quoi il s’agissait mais pour 1 million de dollar j’aurais été capable de faire des trucs de fou furieux.

Fallait que j’montre ma valeur , personne m’avait encore vu.

J’me suis approché dans son dos furtif comme Splinter Cell et d’un coup d’un seul j’lui ai placé ma lame de rasoir sous la jugulaire façon Hitman.

Direct les deux types ont braqués leurs Desert Eagle sur mon front mais le boss leur a fait signe de s’calmer avec ses mains :

 » – Ahaha on a de la compagnie ? bah vas y puto trranche moi la gorrge  »

 » – Cruzito lâche le fais pas l’con tu sais pas qui c’est !  »

Sérieux j’étais dans  » l’impasse  » comme Al Pacino dans le film du même nom , j’pouvais plus m’débiner.

« – Ferme ta gueule Fernando j’ai pas traversé l’Atlantique pour vendre des Hot Dog sur Golden Beach Ok ?! Tu m’avais parlé de  » la vie de rêve  » et c’est ça ta vie ? Vivre à 4 dans un 3 pièces ? Et déjà elle est où ma veste Lacoste bande de fils de pute ? j’viens a peine d’arriver déjà vous faites les hyènes . J’suis venu faire mon blé et ce connard sous ma lame a l’air plein aux as  »

 » – Ahahaha montrre moi que tu vaux mieux que ces 3 tantouses  » Cruzito  » t’en veux hein ? Prouve le  »

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Il provoquait de fou , j’ai enfoncé ma lame juste assez profondément pour qu’un filet de sang s’échappe de sa gorge.

J’ai pris la même voix que ce sadique de Démon One puis j’lui ai chuchoté dans le creux de l’oreille :

 » – Ah ouais tu parles comme ça ? Et avec une entaille dans les entrailles 3atay tu parles comme ça ?  »

Il a rétorqué avec classe : « – Ahaha Okhé ! Okhé ! Tu as des couilles cogno j’aime ça ! On va pouvoir parler entre hombres ! Maintenant lâche moi avant que mes 2 hommes te fassent sauter le citron  »

Bon j’avais du courage mais je n’étais pas fou, mon coup d’bluff avait fonctionné je l’ai lâché.

Il a réajusté sa veste de costume puis il a posé le canon de son glocc entre mes deux yeux

« – Tu vas pas faire dans ton froc hein Cruzito ? Qu’on soit d’accord plous jamais tu me parrles comme ça , le Boss c’est moi… Félicitations tu viens de trouver du boulot  »

Et pour montrer qu’il n’était vraiment pas un clown il s’est subitement retourné puis il a collé 2 balles dans l’crâne de l’otage le plus proche. C’était grave inattendu comme quand Gustavo Fring a égorgé son homme de main. Son sang a éclaboussé sur le mur, le mien s’est glacé comme celui du Ice man mais j’ai tenté de ne pas l’montrer .

Donc là on s’est assis a table et il s’est servi un verre de Scotch. Ce mec là c’était un certain Tommy Vercetti : une figure emblématique du banditisme qui règne en maître sur la ville de Vice City.

Il m’a expliqué que le plan était un braquage dés le lendemain 8h15 pétantes. En gros ça me laissait a peine le temps de finir mes Corn Flakes.

 » -Allé viens avec nous tu vas te préparer avec l’équipe  »

C’est la dernière fois que j’ai vu Fernando je crois.

Il m’a dit

« – Cruzito trraitre ! puto ! C’était mon plan ! MON AFFAIRE ! MON MILLIONE DE DOLLARRS  »

Il avait la haine de fou contre moi , mais depuis que j’avais la boule a Z je n’étais de mèche avec plus personne:

 » Ce sont les affairres Carnalé yé souis comment vous dites ?…. OPPORTUNISTE  »

Il m’a dit

« – Pourrquoi tu prrends cet accent enculé d’Algerino !   »

J’ai répondu

« – Tu vois Fernando, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses.  »

J’avais entendu ça dans le Bon la Brute et le Truand j’crois , fallait que j’la ressorte un jour. On a quitté les lieux et Fernando a juré d’se venger comme Maître Corbeau.

#4 24/12/2013 Je vous passe les détails de la nuit.

Il est 8h12 J’suis postiché , j’ai les mêmes cheveux qu’Dalida la barbe de Fidel Castro et un gros berreta. Les lieux sont repérés 8h15 devant la banque , je suis devant le sasse je sonne et je rentre.

Là on a même pas essayé de faire les mecs techniques genre ça désamorce les alarmes ou quoi.

J’ai tiré 2 fois en l’air en criant

 » CECI EST UN HOLD UP !! JE REMPLIS LES SACS !! J’Y METS VOS CORPS OU J’Y METS L’OSEILLE MAIS JE REMPLIS LES SACS !!  »

Direct mes coéquipiers sont partis mêler les otages d’ailleurs j’ai rien compris a cette scène. Suffisait seulement de les aligner contre l’mur mais là non ça les cafouillait salement à base d’écrasement d’tête , de coup d’crosse , de corde à linge…

« – Vous êtes venus pour l’oseille ou pour la ceinture WWE les mecs ?  »

Je crois que c’est là qu’ils ont repris leur sérieux.

J’ai agenouillé le directeur comme un otage d’Al Qaïda

« – C’est pas a vous qu’on en veut , c’est juste l’argent. Vous savez c’est la poisse qui veut ça on est pas des gens mauva…  »

Il m’a coupé

« – Ouais c’est ça et vous allez redistribuer aux pauvres comme Robin des Bois aussi ?  »

Il était grave sarcastique mais il a commencé à tempérer ses ardeurs quand j’lui ai rentré une reprise de volée dans la tête.

Il s’est évanouît comme un diabétique.

Pendant qu’on parlait j’ai entendu un mec chuchoter au groupe d’otages

 » – Ne vous inquiétez pas je suis policier…  »

Ça m’avait énervé de fou , ils s’imaginent quoi ceux qui disent ça en vrai ?!! Même Sammo Law ne s’permettrait pas de dire ce genre de connerie.

J’ai déplié mon avant bras et le canon d’mon arme a smacké les grosses babines de cet enculé

 » Vas y fils de pute , ose faire un seul mauvais geste  »

J’voulais l’descendre mais un otage m’a rappelé que c’est généralement à ce moment là du film que le braquage dégénère. A cause de ce genre d’excès.

Les autres membres de l’équipe avaient pratiquement fini de remplir les sacs , on s’était donné 1/4 d’heure et on était dans les temps.

Puis là c’est parti trop vite , d’un coup des sirènes de Police ont retenti .

Hein ? Quoi ? C’était pas prévu ça ils étaient censés ne pas arriver avant au moins 8 minutes

« – L’ÉTABLISSEMENT EST CERNÉ SORTEZ SANS FAIRE DE RÉSISTANCE  »

Au même moment je reçois un SMS de Fernando

« – Ahaha à la tienne Hijo de puta !  »

La punaise , la donneuse , l’enfoiré de chivato était présent quand ça parlait du plan la veille. Il nous avait vendu moi et toute l’équipe

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 » CRUZITO C’EST PAS LE MOMENT DE TWEETER ON S’BARRE !  »

On est sorti de la banque en bombe et c’est parti en remake de la fusillade dans Heat.

Trois patrouilles de Police nous bloquaient la route. Ça tirait dans tous les sens ça insultait v’la les mères , la Police avait tué plus de monde que nous j’crois mdr y’avait des balles perdues de partout c’était un bordel monstre.

C’était évident qu’on faisait pas le poids alors on s’est séparé par groupe de deux puis on s’est dispersé dans toutes les directions comme les boules de cristal après utilisation.

Avec chacun 250 000$ sur le dos vous imaginez bien qu’on était loin de battre le record du 100m. Un moment j’ai braqué un type en trottinette

il a dit

« – Hey ! Ce type vient de voler ma patinette !  »

Puis 2 agents qui couraient derrière l’ont complété

« – Hey ce type vient de voler 250 000$ sale bâtard POUSSE TOI  »

On courrait sans vraiment savoir où ça nous menait, ma barre d’endurance n’était plus qu’à 20% et mon assoc’ se justifiait grave inutilement

« – En vrai j’cours plus vite que ça mais je reviens de blessures c’est pour ça  »

À ce moment là deux agents du grand parc Animalier de Miami venus en renfort sont sortis de nulle part sur une Jeep™ en criant :

 » Les singes viennent de sortir du Zoo !  »

L’un d’eux a sorti un fusil plus long que ma jambe droite puis a tiré en plein dans la nuque de Pablo. Il s’est écroulé comme le World Trade Center.

J’ai essayé de le prendre sur mon dos et il a commencé à faire le héros :

 » Cruzito… laisse moi ici, c’est fini.. Prends soin d’ma fille et dis lui que je.. Je ..  »

Ce n’était même pas émouvant.. il s’était juste fait toucher par une fléchette tranquillisante et il jactait comme s’il était mort au Vietnam.

j’lui insultais sa mère pour le garder en éveil mais en vain , il s’était évanouit. La situation était délicate et par fierté j’me suis laissé coffrer. C’était cuit de toute façon et je n’avais franchement pas envie qu’une rangers taille 44 m’écrase la gueule sur l’bitume pendant qu’on m’rappelle mes droits.

-Vous avez l’droit d’garder l’silence , tout c’que vous dir..

-Ouais ouais Bla bla retenu contre moi abrège connard

J’me suis mangé un violent coup d’matraque dans les côtes , j’ai lâché un

 » KUURH  »

puis j’ai posé mes 2 mains sur la tête pendant qu’on m’menottait comme Bruce Lee dans la scène finale de Big Boss.

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#5 [Après une multitude d’interrogatoires et de passages à tabac chacun de nous respectait la loi du silence . Tommy Vercetti nous avait promis de retrouver Fernando et de l’éplucher comme une banane de Guadalupe. Il allait faire jouer ses relations ce n’était  » qu’une question de temps  » seulement voilà , il y a des endroits où le temps est assassin. ]

C’est donc dans l’attente de mon jugement que j’ai atterri au centre pénitencier de Fox River. Une prison tristement célèbre où régnait l’anarchie depuis l’évasion d’une bande de détenus menée par Michael Scofield.

Le centre était contrôlé par les gangs : Les Blacks, les blancs , les latinos et les autres… Les autres sont communément appelés les Fils de putes.

J’portais une tenue orange sur un T-shirt bleu nuit comme les élèves de l’école de Tortue Géniale.

On a traversé la cours de promenade en file indienne enchaînés les uns aux autres , tous les autres détenus nous jaugeaient. On entendait des injures raciales , homophobes et d’autres trucs hyper salaces .

On passait devant toute la prison , ils étaient affalés sur le grillage et rien qu’ils nous taillaient les bâtards :

« – Ahahaha regardez ce fils de pute il ressemble pas à Drake ?  »

« – Ouesh c’est quoi cette coupe tu t’prends pour Eminem ?  »

« – Eh téma le dernier d’la file mdr il est vilain la vie d’ma mere  »

Mdr même moi j’voulais rire , ils étaient grave tranchants.

Le mec derrière moi a éclaté en sanglot en hurlant :

« – NON PUTAIN J’SUIS PAS A MA PLACE ICI LAISSEZ MOI PARTIR !! »

Les gardiens en ont fait un exemple. Ils l’ont roué de coups en l’espace de 1min30 ils l’avaient transformé en panini bolognaise.

Le ton était donné , pas de place pour les faibles. Je ne savais pas encore combien de temps j’allais devoir tirer dans cette jungle , mais fallait que je reste fort.

 » La prison c’est dur la sortie c’est sûr  »

J’ai enfin intégré ma cellule. Quand j’suis rentré mon co-détenu venait d’achever sa série de pompes. Apparemment il faisait partie des  » autres  » ,  notre première conversation ressemblait à ça:

« – Quoi d’neuf man ? Moi c’est Dino et toi ?

– Cruzito , j’suis un putain d’hétéro mec qu’on soit d’accord j’aime la chahma sur ma biatch ok ??

– Ahaha relax Cruzito , les sakamlekoum c’est pas ma came , t’es là pour quoi ?

– Mon jugement n’est pas passé donc officiellement j’suis pas encore  » Là  » , d’ailleurs j’y serai pas.

-Tu sais mec ici personne n’est coupable , mais t’es là maintenant alors fais toi une raison… Et trouve une raison de garder l’moral…  »

D’ordinaire j’aurais apprécié ce genre de conseil sauf que ce fils de pute disait ça en caressant les lèvres de Georges Michael sur son Poster format 24×32.

C’était Dégueulasse. Sensuel… Mais dégueulasse.

Un gardien a crié :

« – EXTINCTION DES FEUX  »

j’ai fini la converse :

« – Ouais peut-être bien . Ecoute man je crois que j’peux dire que j’ai passé une sale journée alors tu m’excuseras mais j’vais pioncer  »

Puis je me suis allongé sur ma couchette les mains croisées derrière la tête , je fixais le plafond en essayant de faire le point sur ma situation.

C’est ici que s’achève la Première partie de mon périple et j’peux vous dire qu’à ce stade là de l’histoire je n’étais vraiment pas au bout de mes peines.

J’étais en attente de mon jugement et s’il s’avérait que Tommy Vercetti nous lache , il faudrait que j’me tire moi même de cette taule comme Clint Eastwood dans Alcatraz #TheEnd

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